N°365 - Jamais plus un oiseau aux ailes rognées !

Publié le par Erotica51



Ce soir, je m’étais enfin décidé de trier toutes ces photos, que j’avais faites durant ces dernières années, pendant mes vacances. C’était un peu comme un besoin viscéral de tout jeter ce qui me rappelait un certain passé.

 J’ai toujours aimé prendre en photos ceux qui ont partagé ma vie. Mais en revoyant certaines photos faites dans le Midi, avec lui, j’ai ressenti une véritable bouffée de colère et de haine pour cet homme qui avait partagé ma vie, à l’époque.

Tout avait été si vite depuis ce retour de vacances d’août 2007, qui avaient été un véritable désastre. Interdite je regardais ces photos de cet homme, remarquant son sourire de travers, son air idiot, figé, manquant de naturel, comprenant combien tout avait été artificiel, en lui.

Les rares photos qu’il avait daignées prendre de moi étaient concentrées sur ma poitrine ou mes fesses. Je regardais mon petit visage triste, le cœur brusquement serré. J’avais les traits tirés d’épuisement. Mon regard était si triste. C’était un appel au secours silencieux comme celui que l’on voit dans le regard de ces enfants martyrisés. Pourquoi avais-je supporté ce malade, si longtemps ? Je l’ignore encore, sans doute par pitié.

Pourquoi n’avais je pas réussi à rompre plus tôt ? Sans doute, étais-je trop épuisée pour me battre, pour reconquérir ma liberté, comme un oiseau blessé à qui on aurait rogné les ailes.

Je n’en pouvais plus de ses colères soudaines, de ses réflexions blessantes, de ces sautes d’humeur qui me finissaient plus de perturber ma vie. Je n’en pouvais plus de le supporter…Je savais qu’il me poussait  à bout, que j’allais exploser…Il faut dire qu’il avait su mettre le paquet durant cet été la…Il jouissait de deviner dans mon regard ma rage rentrée.

D’un doigt vengeur, je cliquais sur chaque photo qui le représentait, l’expédiant dans la poubelle, avec rage. Qu’il retourne au néant de sa vie superficielle, à ses mensonges, à tous ses personnages qu’il s’inventait sur le net…L’homme que j’avais cru aimer n’existait pas. Pire, même, je savais depuis qu’il n’avait jamais existé…

C’est ainsi que plus de ses 80 photos qui le représentaient, se retrouvèrent dans la poubelle de mon ordinateur. Je respirais un bon coup puis d’un clic, les précipitais dans le vide sidéral et froid du net, sans aucun regret !  Je me sentais soulagée d’un grand poids.

Un an avait passé depuis…Que de changements étaient arrivés dans ma vie depuis son départ fracassant ! Aucun amour n’est définitif. Les femmes ont cet avantage de savoir aimer, encore et encore, tant elles ont d’amour en elles à donner.  L’amour est une source qu’elles possèdent en elles qui se déroule à l’infini. Mais quand elles cessent d’aimer, c’est définitif.

L’homme que j’ai retrouvé depuis, me prouve chaque jour, de la chance que j’ai eu à le croiser sur ma route.  Le sourire épanoui que j’ai depuis, sur nos photos, me prouve combien je suis heureuse auprès de Lui. L’autre n’est plus qu’un pale souvenir qui s‘estompe dans le brouillard comme ces bateaux qui s‘éloignent dans la nuit….Je ne serai plus jamais un oiseau aux ailes rognées…Auprès de l’homme que j’aimais aujourd’hui, j’étais comme un oiseau ivre de bonheur et de liberté.

28/10/08

 Marie-Ange

 

 

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